RETOURS
Les
yeux n’ont qu’un regard. Il cerne mille choses, L’esprit
seul, inspiré, lieu de l’intelligence, À
quoi bon retourner ce visage tranquille, La
froide intelligence aspire aux certitudes, |
ECHANGES La
plus froide solitude, Une
innombrable présence, Une
pâquerette éclose Parfois,
le malheur inspire Drames,
fléaux de l’histoire, Où
va l’élan de tendresse Echanges
de la matière,
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La pensée ondoyante, au gré de
ses humeurs, Mirages
ingénus, les triomphes lointains Le
charisme auréole un prêcheur d’idéal, Radieuse,
l’idée illumine un esprit, Le
songe est un refuge aux humbles esseulés, Meneur
d’hommes, rêveur, philosophe, martyr,
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L’ACTE La
nature s’ordonne avec simplicité Plénitude,
harmonie, extase d’un instant La
vie a foisonné sans demander pourquoi, Ruth
certain soir d’été, reine en son paradis, Alexandre,
d’un geste, a su trancher le noeud Père
du mouvement, maître de l’absolu, Prends,
contemple, agis, cherche, ainsi traque le tout, Veules
seraient pourtant le repos, le refus, Témoin
de l’infini, l’âme aux mille parcours
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HUMBLE PENSEUR L’inconstance
de l’âme émousse les idées Ainsi
monte l’esprit. Sa féconde ramure Devons-nous
regretter les âges de mystère, Rare
était le penseur, illustre son génie, C’est
l’outil prometteur et vain du solitaire Le
penseur autrefois triomphait, vénérable,
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COMMUNIQUONS Aussi
loin qu’il nous en souvienne Usant
de communes richesses Notre
lot est-il équitable ? Besoin,
nécessité, l’échange n’a pas d’âge, Mouvements
et clameurs marquèrent la présence Thot
en fut l’inventeur. Divinité de Thèbes, Rarement
nous convainc la sagesse alléguée. L’image,
de tout temps, nous fut enchanteresse, Inévitable
intrus, voici le téléphone, L’ordinateur,
enfin, fleuron de la technique, Halte
! Pourquoi mener querelles, Fidèles
à leur premier rôle, Gardons
à l’homme sa nature, Est-ce
communiquer ? Non à ces maléfices ! Que
s’accomplisse ainsi le sort de notre espèce, Nécessité,
hasard, démarche volontaire Nous
rêvons de bonheur : “Se connaître soi-même”, Tout
homme qui se cherche approche son semblable, Le
temps presse d’aimer, de croire à l’être libre, L’autre,
était-ce bien toi, confondu dans la foule, Du
savoir ne pas trop attendre, Plutôt
que disperser nos âmes
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JOURS
MEILLEURS Vous
l’avez attendu car il était absent. L’épreuve
surmontée, il reste le courage Déjà,
bravant le mal sous l’allure légère,
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LUMIÈRE GRISE L’horloge
sonne. Une heure plate Son
timbre vibre, carillonne ! Elles
ont oublié leur âme La
routine, l’accoutumance Puisse
un doux regain de jeunesse Va,
lumière des choses grises, Sois
le refuge et l’énergie
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CANDEUR
Omnia
fanda, nefanda, malo permista furore Un
sourire, un regard, un geste, une parole, Mais
les larmes, en vain, ont inondé le monde, Le
sang de l’idéal grossit le sang du crime. C’est
le cycle insensé d’imposture et de guerre Héritière
d’abus, d’ignorance, de haine Le
savoir ou la foi, le droit, la violence *
Cité par Montaigne - “ Essais ” - ( Traduction du
texte latin par Albert Thibaudet,
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REVOLTE
VAINE “Et
l’obscur ennemi qui nous ronge le coeur Usurier
trop habile à suivre son dessein Cri
d’impuissance ou choix d’un esprit raisonneur L’homme
s’oppose à l’homme, écrase son égal, Respectable
est le temps des courages perdus, C’est
l’âge de raison, celui d’humbles savoirs, Fuite
sans horizon, la révolte se perd
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