APERÇUS
LA VÉRITE Pure
de tout commencement, C’était,
simple, la Vérité. Souffle
de Dieu ? Coups du Chaos ? La
Vérité de l’absolu Beaux,
sobres ou étincelants, À
cette manne il ne croit plus Fable
le jour, spectre la nuit, Puis
il compte ses derniers pas Il
interroge les joyaux Las
! pour comprendre, il est trop tard, La
Vérité lance au grand jour
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GENÈSE La
vérité n’est pas l’idole que tu crois. Rencontre
virtuelle, ébauche, devenir, Recueille-la,
rêveur dont le ciel est éteint. Sans
visage, sans voix, elle insuffle à chacun, Le
beau, le bien, le juste... Impalpable soutien, Trop
de vigueur, pourtant, se perd aux oripeaux L’appel
s’épuise en vain. L’aube ne paraît plus.
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De
chaque instant surgit une présence, Pâle
halo d’une lumière morte Son
être fuit, étranger à lui-même, L’identité
n’est-elle que mémoire, Le
monde est là pour répondre, pérenne, Forme,
durée, acte, espace, matière, Totalité,
substance universelle, Chacun
voudrait en soi porter le monde, Riche
invité d’une belle aventure, La
vanité de laisser une trace Humble,
innombrable, une foule anonyme Passé,
futur sont effluves de l’âme, |
LE CHAOS Dons,
promesses du ciel, maléfices de l’ombre, Que
voilent ces candeurs ? Mensonges, fariboles ?
Proclamons la logique et la nécessité ! Le
dogme est séduisant, d’évidence pourvu Absurde,
l’univers ? Adieu mythes, poèmes... Hasard,
nécessité disputent dos à dos. Le
siècle de Nerval chantait les papillons, La
fougue qui se fond dans l’infime rayonne : Comptable
du passé, nerf de l’oeuvre nouvelle, Sans
faiblesse, sans haine il court, indifférent, Serait-il
anarchie ? Ouvrons plutôt les yeux ! |
VIE COSMIQUE Chacun
ressent en soi l’étrangeté de naître Car
il se voudrait dieu, se proclame autonome D’autres,
plus valeureux, dominant leurs vertiges,
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INCARNATION Tout
dire d’un seul mot, tout voir en une image, L’univers,
à nos yeux, prolifère et bouillonne Comment
lire l’histoire, abîme de souffrance, Le
possible est, au mieux, la parure d’un rêve, Le
monde s’est fermé sur notre désarroi. La
fièvre du chercheur fouille les horizons L’homme,
traquant le tout, frôle les profondeurs, Il
incarne le monde, en ouvre les secrets,
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CAGE VERMEILLE Les
lendemains, nus comme pages blanches, Il
n’est pensée, ouvrage nés du monde Temps
de routine et de monotonie
La nouveauté, reniant ses racines, Il
a d’abord épandu la poussière L’âme
enfermée au coeur de l’apparence Elle
entrevoit alors mille merveilles, Quête
inutile aux sources de l’aurore
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LE
PROGRES La
bible fustigeait sa croqueuse de pomme, Dieu
qui semait l’espoir dans toutes les chaumières Ils
ont vu le progrès, célébré sa démarche, Inexorablement
s’étale la misère, Tardif
ou scandaleux, rarement légitime, Que
de chemin, pourtant, depuis l’aube des âges, Après
l’égarement, vienne l’heure sereine, La
rude patience aux longs enchaînements Le
génie est sans loi. Fulgurants ses éclairs, Gestes,
bonds de l’histoire enjambent le réel Le
progrès ne besogne enfer ni paradis. Modèle,
truchement de la complexité, S’il
ne porte un projet, l’être n’est que tourment, Le
progrès multiplie aise, biens et conforts Déjà
l’humanité, présence temporelle,
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NOSTALGIE DES AILLEURS Des
fantasmes de l’impossible Goutte
du temps, le temps l’entraîne, L’âme,
complaisante ou rebelle, Ainsi
roule l’ordre du monde, C’est
celui de la certitude, Où
sont désordre, fantaisie, Nostalgique
de l’impossible,
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BUISSON
ARDENT Buisson
ardent, foyers mystiques, flammes, Leur
souvenir s’endort. Péché, Genèse, L’heure
a vécu des pompeuses promesses Regards
abstraits, formules algébriques, Vers
le cosmos aux sources de son âge S’ils
vont trop loin, la vérité recule Don
de l’amour et de l’intelligence, Son
acte preste appréhende un modèle Insaisissable,
errante, la nature
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LA PENSEE De
l’anthropomorphisme, Homère et Xénophane Il
gronde et le passé s’abîme, dérisoire. L’élégiaque,
alors, entonne, idéaliste, Fureurs
de l’Iliade, exploits de l’Odyssée N’est-elle
qu’un effet, le semblant d’autre chose ? Vers
le but incertain, humaine elle chemine, L’ignorance
la hante et pourtant elle crée, Besoin
d’évasion, débordement de vie Quiconque
la nourrit la voudrait éternelle... Elle
occupe les corps, en chacun d’eux s’exprime, Restent
pour seuls témoins de sa course sans âge La
nature est son oeuvre et le tout son domaine. Occulte
ailleurs, en nous sa présence est entière, L’esprit,
pure entité, référence magique, Au
coeur de la matière, au premier point de l’onde Hypothèse...
et pourtant ! Emergence mentale, L’homme
qui façonnait le ciel à son image Rompent
croyances, goûts, modes, humeurs légères... Par
elles, la pensée instrumente, dirige, Clone
de la pensée, homme ! qu’en peux-tu dire... ?
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RONDE Traits
du génie humain, pensée, actes et dires, L’introuvable
parcours, des sages l’ont tracé Si
perdurait l’esprit, si le corps n’était cendre, Vivre
! Quitter le monde ! Oublier ses lourdeurs Le
rêve passe. Espoirs, chants de l’apothéose Sans
repère ici-bas pour frayer son chemin Le
ciel, ultime but, l’histoire, long poème Contingence
des jours, bonheur et désarroi
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